21 Juin

 

Ce n’est pas l’été pour tout le monde et ici c’est un paysage de mois de novembre avec pluie et ciel gris. Nous sommes au près depuis 24 heures pour rejoindre les Abrolhos et je dois dire que j’ai du mal à supporter ce vent à contre. Cinq ans de mer, de longues journées à lutter contre ce vent de face qui rend tout inconfortable ont eu raison de ma patience. 

 

 

Le portant est allure agréable, la vie à bord va sans peine pendant les traversées, jeux de sociétés, lecture, préparation de gâteaux. Mais là c’est une autre affaire, impossible de cuisiner autre chose qu’un plat de pates que nous mangeons pour les estomacs les plus solides, parterre dans la timonerie, difficulté pour se déplacer, nausées quand on lit, bref tout est compliqué et à force ça finit par fatiguer, le corps est sous tension permanente même pendant les quelques heures de sommeil que nous nous octroyons et le petit Loup qui ne s’est jamais amariné durant toutes ces années, rend tout ce qu’il peut à la mer. 

 

 

 

 

 

Nous marchons à 8 nœuds, génois et grand voile. Par chance nous avons abattu un peu plus d’une heure, répit provoqué par la pêche d’un espadon d’environ 50 kilos, notre plus belle prise à ce jour. A part ce coup de mou du jour rien à signaler, les derniers jours ont été pluvieux avec de violents grains qui se sont succédés. Vitoria n’a pas grand intérêt, pour nous juste le temps de faire le plein de provision et de regarder le match de la France sur l’écran du yacht club, un rien sinistre. Heureusement que la France a gagné !!!

 

Vers 20h00 nous mouillons par 25 nœuds de vent devant une des îles des Abrolhos, ce terme signifie « ouvre les yeux », avertissement pour les marins qui étaient en approche de ces récifs coralliens à fleur d’eau, les plus importants de l’Atlantique sud. 

 

Nous sommes par 8 mètres de fond, nuit noire et mouillage plus que rouleur. Ca ne va pas être simple de cuisiner notre pêche. Je m’accroche à mes casseroles, tandis que ma vinaigrette se renverse dans l’évier sous l’effet de la houle. 

 

L’archipel des Abrolhos, classé réserve naturelle est aussi un centre de surveillance et de comptage des baleines, nombreuses dans cette zone. Les baleines venant de l’Antarctique remontent vers les eaux plus chaudes jusqu’au Abrolhos où elles se regroupent pour se reproduire. 

 

En attendant tout valdingue dans le bateau et le vent forcit. Sympa après une bonne navigation au près ! 

 

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