16 Juin : départ de Rio

 

Navigation au portant par temps calme. Vent faible de secteur sud. Nous marchons à 7 / 8 nœuds. Grand voile et génois.

 

 

 

 

Au petit matin Loup aperçoit une baleine qui jaillit des abîmes. Elles commencent à remonter de l’Antarctique. Nous avons pris un peu d’avance pour entamer notre ascension depuis le grand sud et déjà je commence à sentir le manque, les lumières qui n’en finissent plus de scintiller. Les icebergs aux cent visages et la banquise virginale hantent mes nuits depuis quelques jours. L’appel des pôles, celui que je décelais chez ceux qui s’y sont hasardés, je suis mordue comme eux, j’ai attrapé le virus. J’en rêvais pourtant des tropiques depuis cinq ans que nous sillonnons près des pôles et me voilà regretter le frisson des hautes latitudes… 

 

 

 

 

Nous avons relâchés à Cabo Frio. La plus belle plage du Brésil est à la hauteur de nos espérances, sable aussi blanc que fin et eau translucide, à peine 16° mais ce n’est pas pour me déplaire. Nous inaugurons le carré extérieur et prenons notre premier déjeuner dehors. Fleur Australe s’est tropicalisé et je crois qu’à mesure de notre remontée vers le Nord, nous allons en profiter. Pour l’instant les jours sont bien courts. Il fait nuit vers 18h00 à peine, c’est l’hiver. Bientôt nous pourrons jouir de cette lune gironde qui nous éclaire depuis quelques jours, et l’apéro à la belle heure sur le pont, sous le taud azur aura vite fait de chasser mes nostalgies polaires, j’en suis sûre. 

 

 

 

 

Nous continuons d’envoyer nos images chaque jour pour Eurosport, ce qui est relativement laborieux mais qui permet à Loup de garder le lien avec le foot de façon quotidienne. Hier, enroulé dans son drapeau français, il a assister depuis la plage de Copacabana au Match de la France, écran géant, foule en délire et moi qui filme. Faut il bien que je l’aime mon petit garçon, et que je l’ai privé des joies du ballon rond pendant toutes ces années. C'était simplement l’horreur, le contraire de ce que l’on vient chercher en mer, le calme et la vie sauvage. Encore que des sauvages, il y’en avait un paquet hier. On m’avait mis en garde devant la « délinquance », en me déconseillant fortement de ne pas me balader seule avec une caméra mais je dois dire que je n’ai rien ressenti de  tel, juste une bande d’excités réunis devant un écran géant pour soutenir une équipe. Pourquoi pas ? A chacun ses plaisirs. 

 

 

 

 

Dieu merci pour le mien nous avons largué les amarres dans la soirée et retrouvé la paix de l’océan, avec les fous comme uniques compagnons mais ceux là sont des oiseaux pour mon plus grand bonheur.

 

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