11 Mars, Fleur Australe au pied du Mont Fuji.

En France nous avons la Tour Eiffel et le camembert. Au Japon ils ont le Mont Fuji et les cerisiers. Nous ne pouvions manquer le rendez-vous avec le Mont Fuji, mais il est comme une chimère, et beaucoup sont venus au Japon pour le voir et sont repartis sans l’avoir vu où aperçu. Les nuages qui le recouvrent, le gardent secrètement une bonne partie de l’année.

2019 03 11 fa 14Fleur Australe est mouillée à Shimizu à quelques encablures du mont. Il nous faut serpenter par les routes neigeuses et en faire le tour pour comprendre sa grandeur. Les nuages se dissipent et nous pouvons l’entrevoir. Mais ce n’est que de courte durée car le voilà reparti dans les songes de sa grandeur légendaire.

Nous lui tournons le dos, et fonçons vers la mégapole de Tokyo avec ses 20 millions d’habitants. Nous quittons la montagne et les routes enlacées pour nous immerger dans les entrailles de la bête. Les routes se mélangent, se croisent, dessinent des arabesques de béton qui se projettent dans les airs. La tête nous tourne. Nous sommes sur une piste de bobsleighs, entourés d’immeubles et pas moyen d’échapper au flux qui vous entraîne en son centre.

Au loin apparaissent les tours. Rien d’impressionnant. Nous sommes à la Défense ou à Courbevoie, puissance 100. Pendant des kilomètres et des kilomètres, le même décor. Immeuble propre qui succède à un autre recouvert de petits carreaux. Les camions vous doublent à grande vitesse. Ils vont alimenter les millions de japonais, avides de poissons et de riz.

La tension monte à bord de notre véhicule. Les inscriptions en japonais nous compliquent la vie et le choix de la bonne bretelle devient cornélien. Le GPS et sa voix d’une autre langue ne nous sert à rien. Nous sommes perdus, entraînés pendant des kilomètres dans une mauvaise direction.
Tokyo nous étouffe avec ses milliers de marcheurs vêtus d’un masque blanc sur le visage, bien habillés et respectueux des feux rouges. Nous aimons trop la nature sauvage pour nous plaire dans des allées de béton. Il y a bien sûr des petits quartiers et des ambiances propres à cette ville, des parcs avec les cerisiers en fleur, des petits restaurants de sushi où l’on se régale à observer le chef maîtriser l’art du sushi. Le poisson est bon, il fond dans la bouche.

Ce n’est pas New York ou San Francisco où vous pouvez arriver avec votre bateau au pied des buildings, et même si Tokyo a un port, ce n’est que succession de docks où les cargos déchargent les containers. Tokyo est une ville immense et les quartiers sont éloignés les uns des autres.
Nous retournons sur notre navire et le Mont Fuji se dévoile dans toute sa splendeur. Cône parfait recouvert de sa cape de neige.

Fleur Australe a besoin de travaux. Nous devons sortir l’arbre d’hélice et le ré-usiner. Notre ami japonais Tetsuo, qui parle très bien français, est le représentant des marques Jeanneau, Bénéteau et Lagon au Japon. Il nous aide depuis notre arrivée dans l’archipel pour les formalités et nous donne les meilleures adresses et mouillages. Il a réussi à nous trouver une petite marina avec un travel-lift pour sortir le bateau de l’eau. L’opération est vite menée et Fleur Australe retrouve son élément.

Une tempête nous bloque au port, le moment de souffler, de bricoler et de préparer le bateau pour la remontée vers le nord et la Russie.

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