27 février, Vers OSAKA

La mer de Seto regroupe des centaines d’îles, c’est un véritable fourmillement de bateaux en tous genres qui sillonnent les chenaux. Nous embouquons d’étroits goulets où le courant extrêmement puissant peut atteindre 10 nœuds. Nous sommes en période de vive eau, le coefficient de la marée est de 116, c’est dire que nous allons subir pleinement sa force. Le capitaine n’a pas la carte des courants, il lui faut composer avec son sens marin pour ruser dans ce labyrinthe. La région est très active avec de nombreuses industries sur la côte et dans les îles, le trafic est important.

2019 02 27 fa 04La navigation de nuit devient tendue. Il faut contrôler la hauteur des ponts qui relient les îles ensemble, et se méfier des lignes électriques qui elles aussi sont un danger pour le mat de Fleur Australe. Les parcs d’élevage de poissons représentent un autre piège, très nombreux dans ces eaux, ils ne sont pas toujours indiqués sur les cartes marines. A la passerelle, nous sommes concentrés, et scrutons le plan d’eau pour détecter les feux clignotants orange qui indiquent ces parcs. Nous devons changer de cap à plusieurs reprises en longeant une guirlande de feux qui étincelle dans la nuit. Devant nous des ponts suspendus, et dans la nuit, sous le clair de Lune, ces colosses de béton et de câbles d’acier, deviennent des œuvres d’art contemporain comme nous avons pu en admirer dans la sublime Naoshima. Il faut choisir le bon couloir de circulation, négocier avec le courant pour ne pas se retrouver enroulés autour d’une pile de ponts. Au lever du jour, devant nous le plus grand pont du Japon, le « Seto Bridge » qui mesure plus de 13 km de long, il s'appuie sur 5 îles, il est constitué de trois ponts suspendus, de deux ponts à suspensions obliques et d’un pont en treillis, représentatifs de l'ensemble des technologies de construction de pont.

En fin d’après midi nous relâchons à Shodoshima. Nous avons rendez-vous pour filmer une usine de « Soy Sauce », la fameuse sauce de soja. L’usine est vieille de plus de 150 ans, et quand nous pénétrons dans les bâtiments, nous sommes envoûtés par le charme et la force des lieux. Dans de grandes cuves en bois de cèdre, le maître des lieux, qui succède depuis 5 générations à ses ancêtres, nous explique la fabrication et les secrets de la fermentation, qui peut durer jusqu’à 4 ans. Ce sont des bactéries qui se réfugient dans le bois des bâtiments et dans les barriques en bois qui permettent cette fermentation. Le maître passe régulièrement pour extraire les bulles de gaz de cette mixture faite de noix de soja à laquelle on a rajouté du blé, de l’eau et du sel. Nous sommes invités à goûter les différents crus, comme on goûte du vin dans un chai. Nous terminons notre visite en dégustant une glace vanille arrosée de sauce soja et c’est tout à fait délicieux. « On dirait du caramel, c’est trop bon ! » s’exclame Marion.

Un peu plus loin c’est une distillerie de saké que nous visitons. L’ambiance est différente, accoudés au bar nous goûtons une bonne dizaine de saké aux parfums et âges différents. Après cette dégustation, le capitaine se repose au grand air avant de reprendre la route.

Nous levons l’ancre en direction d’Osaka, et devant nous se dresse un autre pont gigantesque. Il surplombe le détroit d'Akashi qui est une voie maritime internationale, empruntée par plus de 1 400 navires par jour. La travée centrale devait initialement mesurer 1 990 mètres, elle fut étirée d'un mètre à la suite du tremblement de terre de Kōbe, le 17 janvier 1995, son épicentre était situé entre les deux piles du pont.
Une vedette des « Coast Guard » vient à notre rencontre. Fleur Australe se fait rappeler à l’ordre car nous sommes entrés dans le mauvais couloir, nous devons traverser le chenal pour être du bon côté, dans le sens des cargos, qui vont vers Osaka.

Osaka se dessine devant nous. Des centaines de bateaux au mouillage et les lumières de la ville avec ses millions d’habitants. C’est la deuxième plus grande mégapole japonaise (Osaka, Kyoto, Kobe) avec 19 millions d’habitants.

Le contraste est toujours saisissant, quitter une petite île, effectuer une journée de mer dans la solitude, confrontés aux éléments, accompagnés des étoiles et de quelques cargos avant de plonger dans une ruche humaine. Nous profitons du port de la marina pour sortir Fleur Australe de l’eau, les joints d’étanchéité de l’arbre d’hélice nécessitaient d’être changés.

Je ne pouvais manquer de retourner à Kyoto, l’ancienne capitale demeure le centre artistique et religieux du pays. J’ai quelques souvenirs dans cette ville où les coutumes et les traditions sont encore bien présentes. La modernité n’a pas pris le dessus, la ville possède son propre dialecte. Les trains à l’ancienne sont conduits par d’authentiques chauffeurs avec lesquels ont peut bavarder. Nous sommes conviés à nous transformer en Geishas avant d’assister à la cérémonie du thé et de partir à la découverte d’une forêt de bambous vertigineux.

La nuit tombée, avec Nana, notre guide japonaise, nous marchons de longues heures dans les petites ruelles. La rivière coule lentement. Ici le temps s’est arrêté. Kyoto c’est le Japon d’autrefois.

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