23 avril. En mer. Rude Traversée vers le Bangladesh

Après ces quelques jours enchantés passés dans les iles Mergui, nous sommes contraints de rebrousser chemin afin de revenir vers Kawthoung, à la frontière avec la Thaïlande pour effectuer les formalités de sortie avant de filer vers le Bangladesh. Fleur Australe est fatiguée, le dessalinisateur ne marche pas et n’aurons pas d’eau pendant la traversée, le guindeau ne fonctionne plus, une pièce s’est cassée et nous avons du condamner l’ancre principale et sortir l’ancre de miséricorde qu’il faut désormais remonter à la main. Quant au moteur il semble qu’il y ait un problème avec la pompe ou l’injecteur et le fuel passe dans le carter d’huile ce qui oblige le capitaine à passer de longues heures dans la salle machine pour tenter de réparer, une véritable fournaise, dont il ressort en eau et cramoisi.

2018 04 23 fa 03Cinq mois de navigation épuisent et l’équipage aussi est fatigué par ces traversées et cette chaleur de plus en plus oppressante. Je dois dire que je n’ai pas le souvenir d’avoir attaqué une traversée d’une semaine aussi affaiblie et que nous avons tous hâte d’arriver au Bangladesh. Lors de notre mouillage à Kawthoung, en attente de nos passeports l’amarre de l’ancre s’est enroulée autour de la quille et s’est sectionnée, en raison du fort courant tourbillonnant. Philou a dragué le fond pendant deux heures pour retrouver l’ancre, en vain. Voilà pour parfaire le tableau, je vous laisse imaginer l’humeur du capitaine… Cela fait maintenant quatre jours que nous sommes en mer, au près serré, avec un vent faible et une chaleur de plus en plus intenable. En fin de journée je m’assois sur le pont et je regarde la mer avaler le soleil doucement alors le ciel rosit, quelques légers nuages flottent gracieusement à l’horizon, une légère brise se lève et l’air devient enfin supportable.

Nous quittons la mer d’Andaman pour rentrer dans le Golfe de Bengale. Il va falloir être vigilant car on nous a prévenu d’éviter absolument le nord de l’état Arakan et le port de Sittwe et de passer au large des eaux territoriales. Il faudra être prudent également dans le golfe de Bengale où se pressent plus de 100 000 bateaux de pêche en ne comptant que ceux du Bangladesh mais il y a les Birmans, les indiens et d’autres nationalités, avec des filets partout, qui nous obligerons à garder une veille constante. Il faudra aussi nous méfier des petits pirates, quel l’on appelle « Alibaba ». Une dernière traversée qui ne sera pas de tout repos.

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