Les iles Birmanes

Les iles Mergui, un chapelet d’iles le long de la côte du Myanmar (la Birmanie) qui s’étendent sur environ 250 milles nautique, elles sont au nombre de 800. Petites ou grandes, elles regorgent de jolies baies et de plages au sable blanc et fin.

2018 04 17 fa 21Ce petit trésor a été préservé pendant de longues années, car le régime y interdisait tout accès. Ses habitants les Mokens, des nomades marins venus de Malaisie, y vivent depuis 2000 ans avant JC. Ils sont environ 3000 totalement préservés du tourisme, ils continuent à vivre de la pêche et de la chasse. Ils partent sur leur bateau en famille, avec enfants, chiens et poules, pendant de longues semaines, voire des mois, au gré du courant et du vent. Ils reviennent dans leur village, pour quelques temps, réparer le bateau et s’approvisionner en riz ou en premières nécessités. On les croise sur leur pirogue, une ligne à la main ou sur le rivage à ramasser des coquillages. Ils sont accueillants, souriants et beaux. Nous avions rencontré en Polynésie, aux Tonga, et aux Vanuatu des tribus de ce genre, éloignées de la société. Dans le haut Arctique, nous avions également partagé la vie des chasseurs de narvals et de phoques, les Inughuits, des esquimaux polaires qui vivent au-delà des 75° de latitude Nord. Ces rencontres sont les temps forts de nos expéditions. Nous savons qu’elles sont rares sur notre planète. Ici, en Birmanie, il n’a pas si longtemps que l’on peut s’y aventurer. L’accès y est réglementé, avec l’obligation d’avoir un guide à bord du bateau et une demande qui nécessite plus de quinze jours de paperasseries. Une fois passé ces quelques formalités, nous accédons à un vrai paradis pour le navigateur. Des endroits dont nous avons toujours rêvé. Le capitaine est heureux, Robinson des mers qui peut se promener d’ile en ile. Les mouillages sont sublimes, avec des plages bordées d’une végétation luxuriante. Des arbres qui dépassent les trente mètres de haut et le tout envahi de lianes. Pas besoin d’aller à la pêche, il suffit de troquer quelques bières ou cigares contre poissons et langoustes.

Le temps est calme, peu de vent et un soleil qui frappe fort en milieu de journée. Il faut installer les tauds, tenus par les bambous que nous sommes allés chercher dans la forêt. Les enfants travaillent le matin et, venue l’heure de la pose, un bon bain les rafraichi. Laura et Marion s’entrainent pour le concours de sauts prévu pour la fin de semaine.

Nous sommes allés explorer le rocher le plus septentrional de l’archipel. Avec son joli nom de « Black Rock », il est isolé à plus de 20 miles nautiques des autres iles. L’eau y est d’une pureté sans pareil. Nous mouillons par 50 mètres de fond et partons avec le capitaine pour une plongée autour du rocher. Des parois de plus de 30 mètres plongent dans les abimes et c’est une véritable palette de peintre qui s’offre à nous. Des coraux, des gorgones, des anémones. Il doit y avoir ici la totalité des espèces. Des poissons pierre se cachent dans les petites cavités, des murènes sortent leur tête de derrière les rochers et nous montrent leurs belles dents, des serpents des mers déboulent d’on ne sait où. Nous admirons ce décor magnifique, croisons des bancs de poissons colorés de bleu et de jaune fluorescent qui nous frôlent. Le courant nous emporte, nous volons en apesanteur et autour de nous la visibilité est à couper le souffle. Quelques barracudas surveillent comme des sentinelles, ce petit bijou. Il faut remonter à l’air libre, mais nous aimerions tant nous laisser envouter encore de longues heures par nos amis aquatiques qui vivent là, dans ce petit paradis magnifique tant par son environnement que par ses couleurs. Nous apprécions la chance que nous avons de pouvoir mouiller dans cet océan, autour de ce rocher perdu.

Il est temps de lever l’ancre et de rejoindre la première ile. Changement de paysage. C’est un village de pêcheurs Moken. Dans la baie des dizaines de bateaux de pêche sont venus mouiller. On célèbre la nouvelle année, et les pêcheurs viennent prendre un peu de repos bien mérité. Grosse ambiance au village, musique à fond et bières pour la détente des matelots. La fête bat son plein et durera quatre jours, on s’asperge d’eau fraiche, en guise de bonne augure, on danse, on chante, on rit. « Cette année nous aurons eu deux nouvel an, un au Pakistan et l’autre en Birmanie » s’amuse Laura avant de reprendre son kayak rouge pour rentrer au bateau. Le ciel est devenu rose, un pêcheur nous apporte quelques langoustes et repart sur sa pirogue en bois. Il disparaît dans le faisceau du soleil couchant et se perd sur la mer empourprée.

Sur la plage un vieux monsieur construit un bateau à l’ombre des cocotiers. Quelques jeunes jouent au foot avant que le soleil ne disparaisse derrière la forêt… Ainsi va la vie dans les iles Mergui.

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